Stages de remise à niveau

Refusons les SRAN !

mercredi 28 mars 2012
par  Sud Éducation Guyane

Les stages de remise à niveau pendant les vacances scolaires sont unanimement critiqués par les spécialistes de l’enfance, par les pédagogues, par le HCE (haut conseil de l’éducation) pour leurs piètres résultats et leurs effets pervers. Ils ont été créés en 2008 par le ministre X. Darcos comme l’aide personnalisée hors temps scolaire. La suppression des cours du samedi matin, à l’origine de cette mesure, avait pour unique objectif de faire des économies en supprimant les RASED, la formation initiale et continue des enseignants.

Rappelons rapidement en quoi consistent les SRAN (Stages de Remise A Niveau) :
Ces stages doivent concerner les élèves de CM qui rencontrent de grosses difficultés au niveau des apprentissages. Notons que ces stages dans le 1er degré ont leur équivalent dans le 2nd degré . Il y a trois sessions d’une durée de 15 h (3 heures par jour sur 5 jours) et cela durant les périodes de vacances scolaires (une semaine aux vacances de Pâques, une semaine début juillet et une autre fin Août). Ces stages sont encadrés par des professeurs des écoles volontaires payés en heures supplémentaires défiscalisées (ce qui est un argument de vente pour l’administration auprès des personnels). Ce sont les équipes enseignantes qui proposent aux parents de certains élèves de suivre ces temps.
Ces pratiques sont stigmatisantes, elles ont déjà fait la preuve de leur inefficacité, elles n’ont fait l’objet d’aucune réflexion et d’aucune concertation, elles sont imposées autoritairement.


Pourquoi ces stages sont dangereux pour l’école et quelles sont les dérives possibles :

1. Pour les élèves qui rencontrent de grosses difficultés d’apprentissage, c’est leur faire croire, ainsi qu’à leur famille, que 15 heures de stage vont changer les choses. Pour nous la réponse adaptée, c’est un enseignant supplémentaire par école qui puisse, sur le temps scolaire, aider dans la classe ces élèves et des équipes de RASED en nombre suffisant. Sinon on laisse croire que les nouveaux dispositifs proposés (aide personnalisée et stages de remise à niveau) permettront de traiter la grande difficulté et réduiront ainsi l’échec scolaire. C’est parce que les membres du RASED côtoient quotidiennement la difficulté scolaire qu’ils sont à même de déclarer ces dispositifs inadaptés.

2. Certains Inspecteurs pour augmenter le nombre d’élèves participants à ces stages utilisent différents procédés :
Certains IEN menacent de refuser des redoublements en fin de CM2, si les enseignants n’ont pas proposé à cet élève et à ses parents de participer à un SRAN.
D’autres « incitent » certains collègues à proposer des élèves pour que ces stages aient lieu, même si cela ne se justifie pas. En effet la participation aux SRAN est un des indicateurs retenu pour l’évaluation dans le cadre de la LOLF.

3. L’existence de ces stages est une grave remise en cause du temps de travail des enseignants. Qui nous dit que le ministère ne va pas rendre obligatoire pour tous les collègues la participation à ces stages et ceci inclus dans notre temps de travail, et donc sans primes … ?

Sud Education appelle les collègues à refuser de participer à cette mascarade pédagogique et à ne pas participer à ce dispositif.

Sud Education revendique :
 une diminution des effectifs par classe.
 un enseignant supplémentaire par école pour permettre la mise en place d’organisation pédagogique visant à aider tous les élèves durant le temps scolaire.
 la prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, spécialisés, et titulaires, avec des mesures pédagogiques adaptées et sur le temps scolaire, ainsi qu’une augmentation du nombre d’équipes de RASED.


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