On doit célébrer la Résistance ? Résistons !

mercredi 5 décembre 2007
par  Sud Éducation Guyane

” Journée Guy Môquet ” le 22 octobre 2007

La décision de faire lire par les enseignants la « lettre de Guy Môquet » est irrecevable et scandaleuse :
● Elle va à l’encontre de la liberté pédagogique des enseignants, pourtant définie aux bulletins officiels qui régissent l’enseignement des lettres et d’histoire dans le secondaire. Elle escamote le véritable contexte historique de l’événement (dont l’orientation politique collective des otages fusillés), ce qui est la négation de toute démarche historique conséquente. Le dossier pédagogique fourni par le rectorat avec la lettre oriente la lecture du document vers une vision unique, ce qui est contraire à l’enseignement en lettres, qui vise à former l’esprit critique et à mettre en évidence les lectures plurielles d’un texte. Enfin, toute vraie démarche pédagogique doit s’élaborer dans des séquences pédagogiques qui construisent le savoir non dans un saupoudrage épistolaire.
● L’image partielle et partiale de Guy Môquet que le président propose, de fait, comme modèle à notre jeunesse, est sacrificielle et démobilisatrice. Elle est susceptible de stigmatiser et de culpabiliser les jeunes s’il leur prenait des envies d’opposition ou de révolte ou au contraire de les exalter jusqu’à des actes désespérés. Construire un dossier pédagogique sur la Résistance sans la présence de la lettre de Manoukian, de l’Affiche rouge d’Aragon, du discours de Malraux sur le transfert des cendres de Jean Moulin, de textes s’interrogeant sur l’engagement comme les Mains sales ou Antigone, pour ne citer que quelques exemples des nombreux textes qui auraient engagé un point de vue critique, c’est clairement guider la lecture vers la glorification du martyr au nom de la patrie sacralisée, comme si la France avait à se défendre dans une guerre où elle serait entourée d’ennemis, comme si l’engagement n’était le fait que de situations de crises et de guerre.
Elle relève d’autre part de la propagande des plus détestables : on utilise une émotion (fort compréhensible pour qui a lu la lettre) pour faire passer, dans l’esprit des jeunes, un message d’acceptation et de patriotisme. L’enseignement ne doit pas passer par l’émotion seule mais doit s’accompagner de la réflexion et de la critique.
● Il s’agit en fait d’une manœuvre politicienne visant à instrumentaliser l’histoire au profit d’objectifs précis :
- proposer une vision factice de « l’unité nationale », en puisant dans les valeurs et les référents de la gauche : après Jaurès et Blum ...Guy Môquet ! On gomme les différences politiques pour glorifier l’image présidentielle.
- garder le pouvoir à long terme en manipulant la jeunesse et inscrire la politique du gouvernement dans la durée.
- rallier la jeunesse à des idéaux douteux, le sacrifice pour la patrie, sacralisée et l’exclusion de l’autre. Le document fourni par le rectorat cite le discours d’investiture du Président en mettant en exergue une phrase qui exclut les élèves étrangers, que l’École a pourtant pour mission d’accueillir, sans distinction, dans un esprit laïc.
● Cette décision n’est que l’un des signes d’une volonté, très inquiétante, de mainmise du pouvoir sur les contenus d’enseignement et de les instrumentaliser au service d’une pensée unique. Cette commémoration intervient à la suite de la modification des programmes d’histoire des classes technologiques (nulle mention de la guerre d’indépendance algérienne ni de Vichy !), du débat sur le « rôle positif de la colonisation », sur le désir de ne plus parler de l’esclavage dans l’enseignement et des propos présidentiels sur « la repentance »…
Nous n’avons pas à nous faire les auxiliaires dociles de cette entreprise de manipulation des gens et des faits. Nous devons nous opposer à cette tentative d’enrôlement des enseignants au service de la politique de l’actuel locataire de l’Élysée.
Si nous devons rendre hommage à Guy Môquet et, à travers lui, à la Résistance, c’est bien en adoptant une attitude de résistance.

REFUSONS DE PARTICIPER A LA JOURNEE DU 22 OCTOBRE !


Documents joints

Tract lettre Guy Môquet

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