Ouest Terne

Le mal de la protection de l’enfance

jeudi 5 juin 2014
par  Sud Éducation Guyane

Nous souhaitions faire un point sur les structures sociales et de santé à Saint Laurent du Maroni, sachant que sur le fleuve, dans les communes d’Apatou et de Mana, il faut parler simplement d’une absence de structures. Il apparaît scandaleux que dans le pays dit « des droits de l’homme », les enfants de l’ouest voire de la Guyane n’ont pour certains aucune protection vis à vis de leurs conditions de vie.
Un élève qui se fait battre, qui n’a pas à manger tous les jours, dont les parents ne sont jamais là, donné à une autre famille ne fait pas partie des cas traités par la cellule d’information préoccupante parce qu’ils sont totalement débordés. Il faut être violé, battu « régulièrement et si possible avec des traces de coups », ou abandonné pour être pris en compte et encore, les mesures de prise en charge ou d’aide éducative peuvent mettre quelques mois à être mises en place. Faut-il mettre en cause nos collègues éducateurs et assistants sociaux ? A notre sens non, la faute revient à l’administration et à la gestion hospitalière et des associations qui ne voit que par l’économie de moyens et non par l’intérêt des enfants et de leurs familles. Y aurait-il un manque de subventions ? La rentabilité et la productivité semble les maîtres mots, pas la protection de l’enfance.
Dans les cas de délinquance, il n’est pas rare de constater que malgré des signalements, la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) n’est pas saisie et pourtant... Combien de nos élèves de collège sont déjà dans des réseaux de cambriolage ? Petits, ils passent partout. Influençables ils se laissent entraîner pour quelques euros, argent qui leur sert à manger principalement.
On pourrait bien évidemment, un des défauts de notre institution d’ailleurs, se demander où sont les parents de nos chérubins. S’il y a bien des carences éducatives, il y a souvent un manque d’accompagnement de ces familles, elles aussi dans le besoin. Et le constat est que souvent les familles de nos élèves les plus difficiles ne sont pas inquiétées par la justice, ne payent pas pour les méfaits de leurs enfants et restent donc éloignées de leurs responsabilités. La faute à qui ?
Et ne parlons pas de la prostitution et de la pédophilie. Encore récemment, des témoignages d’élèves nous ont rappelé à la dure réalité de leur vie.
Il nous faut prendre en compte cette violence quotidienne subie par nos élèves, non négligeable au niveau quantitatif. Malgré les signalements, nous ne voyons pas les résultats des propositions faites. Les services sociaux sont dépassés, et les solutions de placement tellement limitées n’améliorent pas voire aggravent la situation.
Comment peut on penser que nous protégeons ces enfants ? Comment rentrer chez soi le soir sans se poser la question de ce que vivent nos élèves ?
Alors, nous, enseignants, CPE, assistants sociaux, et infirmiers de l’éducation nationale, que pouvons-nous dire à nos élèves ? « Tais-toi et apprends », plutôt que « nous pouvons t’aider ». Concrètement nous ne pouvons rien leur promettre, même si leurs histoires de vie sont plus riches en malheur que la plupart des nôtres ne le seront jamais. Car si nous leur promettons et qu’il ne se passe rien, il n’y aura plus de confiance.
Nous sommes donc à un problème éthique mais qui peut se résoudre. Il s’agit surtout que nous nous sentions responsables de ce que nous rapportent les élèves ou des difficultés qu’ils font percevoir dans nos établissements. Car qui ne dit mot consent... Alors n’hésitons pas à le dire à tous nos collègues, si un élève vous semble en grande difficulté, est violent, fatigué, maigre etc... Signalez le dans le RSST en parallèle du signalement aux services sociaux et de santé. Ce serait trop facile pour nos politiciens que nous ne faisions rien remonter, cela justifie les économies de budget, et la casse du service public.


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

80% d’une classe d’âge au bac ! C’était une révolution. L’égalité des chances... etc. Oui, on y arrive.
On trafique les notes, on fait passer les élèves au bénéfice de l’âge, on les maintient dans le système sans leur donner les moyens de réussir.... j’en passe ! On arrive maintenant à avoir des élèves qui vont au bac en sachant tout juste lire. Oui, tout le monde peut avoir son bac, un bac bradé pour faire du chiffre !
De quel intérêt parle-t-on alors ? Celui de l’élève ou celui de la sacro-sainte statistique d’une société dans laquelle seul le rendement compte ?

Enquête par questionnaire

jeudi 13 décembre 2012

Dès janvier SUD Éducation Guyane lancera une enquête par questionnaire sur les conditions matérielles de travail dans les écoles de Guyane.

L’objectif est pour nous de recueillir des données chiffrées histoire de dresser une liste assez exhaustive de problèmes rencontrés au niveau de nos extraordinaires conditions de travail...

Pour mener à bien cette enquête nous avons reçu un coup de main des camarades du département de sociologie de l’université Brest.

Double vacation

jeudi 13 décembre 2012

Le recteur est revenu sur sa position : il n’y aura pas d’expérimentation de la double vacation en Guyane. Reste que des enfants sont toujours non scolarisés et les constructions scolaires manquent cruellement.

La fédération SUD Éducation va intervenir auprès du ministère pour réaffirmer la nécessité d’un plan d’urgence pour l’éducation en Guyane.

Inspection : et si on arrêtait les bidouillages ?

jeudi 13 décembre 2012

SUD Éducation vient d’écrire au recteur pour lui demander de rappeler à ses Inspecteurs qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi en matière d’inspection.

Les inspections surprises ne sont pas réglementaires. Les rapports d’inspection doivent être adressés aux intéressés dans un délai d’un mois et la note pédagogique doit être communiquée dans le trimestre qui suit l’inspection.