Réforme du lycée

Illusion de négociation... et vrai démantèlement

vendredi 21 novembre 2008
par  Sud Éducation Guyane

Ca commence toujours pendant les vacances... En présentant le 17 juillet à la presse les principes de la réforme du lycée, Darcos rendait ses annonces quasiment invisibles. Il a présenté une "réforme pédagogique" qui affirme d’emblée "une plus grande autonomie des lycéens". Et pour légitimer cette refonte du lycée, le ministre s’appuie sur une "feuille de route" signée par plusieurs syndicats qui se désistent au fur et à mesure. C’est un simulacre de négociation. Or il y a trop de raisons de s’inquiéter.

Il s’agit, en fait, d’une remise en cause totale des enseignements en lycée. La réforme découpe le temps de travail des élèves en trois blocs :

- En seconde, 60% pour des enseignements fondamentaux, 25% pour des modules d’exploration et d’approfondissement, 15% pour des enseignements et activités dits d’accompagnement (18 modules semestriels dont 11 généraux, 4 d’exploration, 3 d’approfondissement).

- En cycle terminal, la répartition pourrait être respectivement de 45%, 45% et 10% (16 modules généraux et 16 de spécialisation sur 2 ans).

Le module semestriel de 3H devient la base de tout l’enseignement. La classe, comme cadre de l’enseignement, disparaît au profit d’une individualisation. La généralisation de ce système, avec la possibilité d’un enseignant différent tous les 6 mois, oblige à un turn-over d’élèves qui ne permet pas un suivi sur l’année.

En 2nde toutes les disciplines nouvelles en lycée (SES, ISI, médico social, IGC, LV3) mais aussi les sciences (physique-chimie, SVT) deviendraient des modules d’exploration optionnels. Dans le cycle terminal, quatre familles de parcours sont prévues : humanité et arts, sciences, technologies et sciences de la société. Dans ce parcours, les SES (dont l’approche de l’enseignement de l’économie déplait au MEDEF ?), seraient réduites au profit du droit et de la gestion.

Schéma d'organisation de la nouvelle 2nd

Réfléchir sur le lycée s’impose

Notre refus de ce projet de réforme des lycées n’a rien d’une défense du statut quo et nous souhaitons discuter de nombreux sujets.

- On pourrait s’interroger sur l’évaluation de la réforme précédente qui se proposait de lutter contre les hiérarchies des séries et leurs conséquences sur les inégalités sociales dans l’accès au baccalauréat et aux études supérieures".

- On pourrait s’interroger sur la dégradation continue des conditions de travail et d’étude dans les classes de seconde.

- On pourrait tenter d’évaluer ce que sont devenues les filières C, D et E en fusionnant dans une série S qui est devenue davantage une filière générale d’accès au supérieur qu’une filière attirant les lycéens vers les formations scientifiques.

- On pourrait remettre en cause la disparition de l’enseignement scientifique obligatoire en terminale littéraire.

- On pourrait s’interroger sur l’incidence du développement des Bac Pro sur les filières technologiques.

- On pourrait douter de la pertinence du triptyque "lycée général, lycée technologique, lycée professionnel" considéré comme déclinaison de trois voies vers la réussite : "La coexistence actuelle de trois voies de formation séparées : voie générale, voie technologique, voie professionnelle justifie aujourd’hui l’orientation précoce. (...) Forte de la division sociale du travail, cette distinction se trouve nécessairement hiérarchisée par l’environnement économique et social" écrivions-nous lors de notre dernier congrès fédéral en 2006.

Tout cela pourrait être l’objet de vrais débats, y compris la possibilité de porter la scolarisation obligatoire jusqu’à 18 ans.

Quelques comptes dans ces temps de crise

- Cette réforme n’obéit qu’à une logique comptable : elle doit être replacée dans le contexte des suppressions massives de postes dans l’Éducation et dans tous les services publics. Dans l’Éducation, aux milliers de suppressions de postes des années précédentes, il faut ajouter les 80 000 annoncées par le gouvernement d’ici 2012 dont les 13 500 pour 2009.

- Darcos lie explicitement l’alourdissement des missions des enseignants prévu dans le rapport Pochard à cette réforme du lycée.
- En passant de 32h à 30h, le ministre récupère 3500 emplois rien que pour les 2nde.

- Le projet est singulièrement muet sur des points essentiels concernant les moyens attribués : par exemple, le nombre maximum d’élèves par module, la manière dont sera calculée la DHG des établissements, etc.

Seule la mobilisation de masse peut mettre en échec cette réforme de régression scolaire.
SUD éducation y engagera toutes ses forces. C’est le sens, aussi, de notre appel à la grève du 20 novembre.


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

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