Guyane - Amapa, Construire la résistance pan-amazonienne à la COVID 19, c’est construire le monde anti-capitaliste de demain

jeudi 18 juin 2020
par  Sud Éducation Guyane

La zone frontalière de part et d’autre du fleuve Oyapock est aujourd’hui un des clusters les plus dynamiques de l’épidémie au plan mondial. A rebours de la situation connue en Europe, l’épidémie touche de plein fouet l’Amérique du Sud, et en premier lieu le bassin amazonien.

Les services publics, en état de délabrement avancé, ne peuvent faire face aux multiples crises qui se superposent dans la région : épidémie à grande échelle, crise de la subsistance, isolement des communautés autochtones. La crise sanitaire accentue et met en lumière la violence des politiques libérales et néocoloniales mises en action partout sur la planète, et avec une particulière acuité dans nos territoires, délaissés et méprisés sur le temps long. Situés aux confins d’ensembles politiques vastes, éloignés des centres de décisions, les peuples amazoniens sont relégués aux marges de l’accès aux droits fondamentaux.

Pour les habitants du bassin de l’Oyapock, cette véritable relégation s’exprime de manière très concrète en cette période d’épidémie : déficit massif de matériel médical, de praticiens hospitaliers, livraisons chaotiques et très insuffisantes des équipements de protection individuelle, impossibilité de l’enseignement à distance et donc rupture de l’enseignement pour les enfants, absence totale de prise en compte des spécificités territoriales dans l’établissement d’une stratégie de lutte contre la pandémie...

Enfermés dans leur idéologie libérale macabre, les gouvernements Bolsonaro et Macron et ceux de leurs prédécesseurs, sont directement responsables de cette situation de crise aigüe.

Aujourd’hui, l’Etat de l’Amapá, frontalier de la Guyane, compte un taux de séropositivité au Covid supérieur à celui enregistré en Lombardie, pourtant si durement touchée. Alors que le territoire hexagonal sort progressivement de la situation épidémique, la Guyane enregistre chaque jour davantage de cas, alors que les masques continuent de manquer, près de trois mois après le début de l’épidémie. Face à l’impéritie des gouvernements, les peuples amazoniens ne doivent leur survie qu’à leur auto-organisation. Engagés depuis mai 2019 dans une coopération de long terme, les travailleurs de l’éducation guyanais et brésiliens construisent une réponse militante à cette crise en participant à la création d’un front binational contre le Covid, réunissant associatifs, politiques, mouvements autochtones, médecins et société civile. Alors que le virus circule librement de part et d’autre de la frontière, que la gestion nationale de l’épidémie dans chacun des Etats a conduit à la catastrophe que l’on connaît, une seule réponse nous apparaît raisonnable : solidarité internationale !

Par notre action, nous souhaitons en premier lieu parer aux urgences. En ce sens, une opération de solidarité a été engagée par les travailleurs de l’éducation guyanais pour porter assistance à leurs collègues brésiliens. Nous proposons une plateforme de revendication très concrète : hôpital de campagne à la frontière, mise en place d’une zone de santé internationale sur l’Oyapock. Nous souhaitons aussi tracer les lignes de luttes au long terme : hôpital international de l’Oyapock, cité scolaire véritablement internationale à Saint-Georges de l’Oyapock. Pour ne plus rester des étrangers à notre propre terre, nous affirmons avec force le principe suivant : l’Amazonie se construira par et pour les Amazoniens.

I- Une coopération militante structurée : Coordonner le Mayouri Santé Guyane et la Quarentena de Luta de l’Amapa

L’épidémie ayant tout d’abord touché le Brésil, c’est en Amapá que s’est en premier structurée la lutte. Avec rapidement 160 morts et 2000 personnes positives aux tests de la COVID 19, l’état fut duremment touché. Une situation grave à laquelle les pouvoirs publics ont d’abord réagit a minima : ouverture de cinq centres anti-Covid à travers l’État, mais très peu de moyens humains et matériels attribués à ces structures.

Cette absence de prise en charge publique de la question sanitaire a amené le mouvement social amapaense à s’unir rapidement et à se structurer pour pallier les manques des politiques officielles. C’est ainsi que nait la plateforme unitaire “Quarentina de luta”, regroupant la quasi-totalité des organisations syndicales, des associations et des élus d’opposition. De cette union naîtra une première victoire, celle de la réouverture partielle de l’hôpital universitaire de Macapa, capitale de l’État. Au fur et à mesure, la résistance s’organise sur le territoire et s’adapte à une “intériorisation de la pandémie”, c’est à dire l’évolution de la pandémie vers des territoires reculés, peu accessibles, hors des centres urbains : la vallée de l’Oyapock en est un exemple. A partir du double constat de faillite des politiques fédérales et de la capacité de l’épidémie à atteindre les communautés humaines les plus fragiles, la solidarité de classe et la coopération internationale se sont imposées.

En Guyane, la situation se dégrade à partir de la moitié du mois de mai, du fait d’une gestion paradoxale de la crise de la COVID 19. Confinée à l’unisson de la France héxagonale, la Guyane s’est arrêtée lorsque la crise battait son plein en Europe, mais s’est ouverte au moment de l’explosion du virus en Amérique du Sud. Incohérence qui reflète la gestion encore coloniale et hors sol du territoire. Sous-équipée médicalement par rapport au territoire national, fragilisée dans l’entretien et le développement de ses services publiques (trois hôpitaux sur le territoire, aucun Hôpital Universitaire), la Guyane se retrouve depuis deux semaines prise dans le maelström de la pandémie, sans pouvoir obtenir les moyens matériels dont elle a besoin. Les organisations syndicales locales, associations et élus, se sont organisées en un Mayouri Santé Guyane, structure regroupant le maximum d’organisations pour organiser une résistance locale à l’épidémie et construire un front de revendications face à l’état français. Matériel de santé, masques, tests, hôpital de campagne, tous les moyens nécessaires ont été réclamés pour pouvoir faire face à une pandémie qui menace violemment les population les plus pauvres (50% de la population en Guyane vit en dessous du seuil de pauvreté).

Nous avons donc organisé notre coopération autour de la connexion de ces deux structures en lutte, et petit à petit impliqué de plus en plus de syndicats, de représentants des peuples autochtones et de responsables politiques dans la dynamique de la coopération internationale de nos organisations.

La coopération entre nos deux territoires s’impose pour pouvoir coordonner des réseaux de résistance. Un peu partout cette crise sanitaire évolue vers une crise de la subsistance. Les personnes vivant de l’économie informelle aux marges du capitalisme officiel sont les premières touchées : précaires dans leurs revenus, leur logements, leur accès à toute forme de soins, elles sont en première ligne, victimes souvent anonymes. Nous devons créer la solidarité et l’efficacité collective pour pouvoir répondre aux besoins de tous et de toutes. Organiser la distribution de matériels de santé, mais aussi agir pour qu’une répartition juste de la nourriture et un accès au logement puisse être assuré pendant ces temps incertains.

Au fond de la forêt, sur les chantiers clandestins de l’or, combien de morts déjà anonymes ?
Au fond de la forêt, dans les villages des peuples autochtones, combien de morts qu’aucun état ne comptera ?

II- Les peuples autochtones face à la COVID 19

Deux mois après le premier cas de covid-19 dans l’État d’Amapá, 71 Amérindiens ont été déclarés positifs. On déplore pour l’instant un décès dans la communauté autochtone de l’État du Nordeste, et un mort dans la communauté amérindienne de Guyane, un habitant du village Cécilia (Matoury).

La propagation du virus dans les communautés amérindiennes inquiète les autorités locales d’Amapá et les autorités coutumières de Guyane. Aucune des municipalités où vivent les autochtones ne dispose d’unités de soins intensifs ou de respirateurs. En outre, comme les communautés indigènes sont la plupart du temps retirées des centres urbains, leurs membres doivent se rendre dans les villes voisines à la recherche de services de base, prenant ainsi le risque d’être infectés. Le gouvernement de l’Amapá a décidé d’appliquer 500 tests rapides dans les communautés indigènes de Kumarumã, Manga et Kumenê, et à Oiapoque, à la frontière avec Saint-Georges. "Nous allons enclencher le protocole thérapeutique pour éviter l’aggravation des cas positifs. L’objectif est de freiner la propagation du virus dans ces communautés indigènes", a déclaré le gouverneur de l’Amapá, Waldez Góes.

En Guyane, les autorités coutumières dénoncent une absence de dialogue : le préfet ne communique aucune information au Conseil Coutumier, une des instances officielles du fonctionnement de la Collectivité Territoriale de Guyane. Dans les communes de l’intérieur et les villages limitrophes des agglomération, l’accès à l’eau est problématique. Dans le contexte de la pandémie de COVID19, cette présence de l’eau potable devient cruciale pour maintenir l’hygiène et les conditions de base strictes pour se prémunir de la pandémie.

L’arrivée du virus sur les terres autochtones a également suscité des inquiétudes parmi les procureurs du ministère public fédéral (MPF) au Brésil. L’avocat du MPF, Alexandre Guimarães, a déclaré que la justice étudie une demande pour que le gouvernement d’Amapa et le gouvernement fédéral du Brésil prennent des mesures pour empêcher les Amérindiens de quitter les communautés indigènes, les laissant, dans l’état actuel du service public de santé de l’état, sans ressources face à la pandémie.

Seule la capitale de l’État, Macapá, possède un hôpital avec un service dédié au coronavirus. Rappelons que dans l’Amapa, on approche les 11 000 cas confirmés pour plus de 240 morts.

TEMOIGNAGE DE KEILA IAPARRA :

Aldeia Kumenê, Terra Indígena Uaçá, Oiapoque, Amapá, Brasil – 21 de maio de 2020
“Je suis Keila Felício Iaparrá, du peuple Palikur-Arukwayene. J’ai 20 ans, j’habite dans le village de Kumenê, j’habite également dans la ville d’Oiapoque, je suis à l’Université, je fais partie de la promotion 2019 du cours de licence interculturel indigène. Aujourd’hui, je suis au village pour m’isoler. Au milieu de cette pandémie de Covid-19, j’ai dû arrêter les activités que je faisais à l’Université. Je vais bien dans mon village, mais je suis toujours à la recherche des informations sur cette maladie qui m’inquiète beaucoup. En ces jours, je n’ai pas pu étudier. Nous n’avons ni Internet ni électricité 24 heures sur 24, il est donc très difficile de communiquer avec ma tutrice, car je participe au programme éducation tutorial (PET) - Connexion de connaissances.

L’internet dans le village, quand il pleut, ne fonctionne pas et, comme il pleut tous les jours, nous manquons d’Internet. Lorsque l’Internet fonctionne, nous ne pouvons y accéder qu’à l’école du village, où de nombreuses personnes viennent parler aux membres de leur famille qui vivent loin. En conséquence, l’agglomération finit par se produire, il est très risqué de sortir et d’y aller tous les jours. Je suis allé aux champs et j’ai aidé ma famille à faire de la farine de manioc, car nous ne pouvons pas nous en passer. Il a été difficile d’aller en ville pour retirer de l’argent pour faire les courses, il faut faire de la farine pour ne pas manquer. Je crains que cette maladie n’arrive ici, car le centre de santé n’a pas des équipements appropriés au cas où cette maladie arriverait, et il n’y a aucun moyen de savoir si elle est déjà parmi nous, car il n’y a aucun test à faire si quelqu’un est suspect. Ça me manque de pouvoir aller en ville et être libre, ici même, dans le village, sans cette peur d’attraper cette maladie. Ça me manque de pourvoir aller à l’université et faire des activités normalement avec mes amis et collègues de PET, il me manque le soutien, la motivation et la complicité de chacun d’eux. Quand cela se terminera, je veux pouvoir les revoir tous, que nous soyons tous réunis à nouveau et avoir notre tutrice et amie avec nous à l’Université”.

Village de Kumenê, terre indigène Uaçá, Oiapoque, Amapá, Brésil -
21 mai 2020 Traduit par Darleine Esther Joseph

Peuples fondateurs et fondamentaux de l’Amazonie, fragilisés par des siècles d’oppression et de violences, les peuples autochtones doivent faire l’objet d’une particulière solidarité. Nous faisons nôtres leurs luttes. Leur voix porte déjà haut et fort : notre front binational se veut caisse de résonance d’un mouvement que nous pensons central et incontournable. Nous portons l’engagement suivant : camarades autochtones, notre engagement à vos côtés est inconditionnel.

III- Violences faites aux femmes : l’Affaire Karina, une mobilisation au-delà des frontières

Un féminicide médiatisé : deux meurtres sur les épaules d’un même homme.

Karina Antunes Gama de Souza, jeune franco-brésilienne, était âgée d’à peine plus de 20 ans. Son profil Facebook s’intitule à présent Justice pour Karina — ndlr, un site créé, est-il expliqué sur la page d’accueil, pour lutter contre le féminicide et pour que la justice soit faite — la jeune femme a été tuée le 12 mai dernier, alors enceinte de 3 mois. Son corps a été retrouvé carbonisé, trois jours après son décès, dont l’origine est pour le moment inconnu, dans une crique (petite rivière) près du village de Cacao en Guyane. Les premiers éléments de l’enquête et l’autopsie ont bien confirmé l’identité de la victime. Des restes d’échographies et d’effets personnels, retrouvés près de la scène macabre, brûlés, ont authentifié la jeune femme.
Pour le moment, rien de plus n’a filtré de l’enquête en cours.

Mais cette affaire en rappelle une autre, dix ans auparavant, concernant le même homme, le conjoint de Karina...Sur les réseaux sociaux, plusieurs commentaires commencent à attribuer ce crime à son conjoint qui aurait lui-même signalé la disparition de la jeune femme à la gendarmerie. Ce meurtre serait, toujours selon les messages publiés par des proches de la victime, lié à une autre affaire de meurtre.

En effet, il y a dix ans, une autre jeune femme d’origine brésilienne, Camila, avait été retrouvée, elle aussi, morte. Et compagne à l’époque de l’homme aujourd’hui cible d’accusations qui alimentent la toile, en Guyane comme au Brésil. "Il avait été mis en cause", indique Jérôme Gay, avocat au barreau de Guyane.

Le procès s’était arrêté en appel. Maître Jérôme Gay, qui défend aujourd’hui les intérêts de Karina et de sa mère, pour lesquelles de nombreux internautes éprouvent aussi beaucoup de compassion et envoient des messages de soutien aux proches et à la famille, défendait aussi les intérêts de Camila à l’époque.

Lorsque Karina a découvert que son compagnon avait été accusé de meurtre, ce dernier l’a forcée à supprimer tous ses réseaux sociaux, et elle n’avait plus accès à son téléphone portable. Il l’a obligé à s’éloigner de sa famille, pour qu’elle ne puisse pas révéler les faits.

Cet homme est devenu le symbole des dysfonctionnement de la justice : issu d’une famille fort aisée, il fut protégé des conséquences de ses actes il y a dix ans et aujourd’hui fuit en France hexagonale , loin des menaces et dela vindicte de l’opinion populaire.

L’affaire Karina est un scandale qui explose en plein le confinement en Guyane et en Amapa, pointant du doigt le phénomène de la violence subie par les femmes et celui d’une justice à deux vitesses, protectrice des nantis, accablante pour les faibles et les opprimés.

Une marche blanche lui a été dédiée le 4 juin dernier, réunissant tous ceux et celles qui veulent mettre fin aux violences du patriarcat.


La COVID 19 et l’augmentation des violences conjugales en Guyane :

En Guyane, les femmes présentent le taux de chômage le plus élevé de France : 39.30% en 2014. L’écart salariale en défaveur des femmes y est de 11.3 points. Le confinement et la crise sanitaire ont eu des conséquences dramatiques pour beaucoup de femmes. Le Procureur de la République parle d’une situation extrêmement inquiétante. Pour ces mois de mars, avril et mai 2020, on a doublé les procédures pour violences conjugales. On était l’an dernier à 80 procédures, on est aujourd’hui à 180 procédures.

Même constat et même inquiétude des associations de Guyane. L’arbre Fromager (association locale de protection des droits des femmes) a reçu des appels de femmes qui n’avaient jamais auparavant pris contact avec la structure. 88 femmes ont ainsi appelé au secours. Elles étaient confinées avec un conjoint violent. L’association a dû mettre en place des évacuations de femmes victimes de violences conjugales. 22 femmes et 34 enfants ont été hébergés à l’hôtel pour une mise en sécurité. Lesley Porte, la directrice de l’Arbre Fromager précise : “On a hébergé des personnes venant de Maripa-Soula, Saint- Laurent, Saint-Georges, Macouria. On a fait venir les femmes avec des taxis car il n’y avait plus de taxicos. L’objectif, c’était de les mettre en sécurité, le temps de faire les démarches pénales et de trouver une autonomie pour pouvoir avancer.”

Les crises dans les couples durant ce confinement ont été beaucoup plus graves et beaucoup plus fréquentes qu’auparavant et quasi permanentes.
Le parquet a demandé aux gendarmes et aux policiers d’accélérer les procédures, d’adapter les dispositifs pour une réponse la plus rapide possible afin d’écarter très vite l’agresseur de sa victime. Mais les drames arrivent encore en Guyane. Récemment, une autre jeune femme de 29 ans a été tuée par le père de son enfant de 3 ans dans la ville de Matoury dans le quartier Cogneau-Lamirande.

Aussi nos organisations syndicales, FSU, SUD Éducation et SINDUFAP, dénoncent et luttent contre toutes les formes de dominations. Le sexisme, les violences faites aux femmes et les discriminations envers les personnes lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres sont des oppressions que nous devons combattre aux cotés des victimes.

Les femmes, que ce soit au Brésil, en Guyane, et partout dans le monde, n’ont pas à subir l’oppression patriarcale permise et alimentée par les choix politiques de nos gouvernants. Ce système impose aux femmes la domination masculine sur le plan social, familial, sexuel et juridique.

Elles sont les premières victimes de l’exploitation et peuvent être contraintes à la prostitution, au trafic de drogue en tant que mules, à la privation de leurs droits.
Sur nos territoires en souffrance, isolés et caractérisés par des inégalités criantes, le confinement des deux côtés de l’Oyapock aggrave les dysfonctionnements de nos sociétés et augmente les inégalités de classe et de genre.

*

Notre région est donc en train de basculer dans une dynamique de lutte, à la fois pour la survie et l’accès aux soins, mais également contre l’incurie des politiques libérales qui sont responsables et coupables : des services publics en ruine, des personnels de santé en sous nombre, des institutions judiciaires et sociales incapables de faire face, des populations entières dans la précarité la plus totale, des politiques publiques qui nient la réalité de la pandémie (discours négationniste de Bolsonaro et décalage colonial en Guyane).

Au fur et à mesure du déploiement de la pandémie sur l’espace Amazonien, nous constatons combien, partout autour de nous, notre situation indiffère les tenants du capital.

Au centre des intérêts miniers et pétroliers, au cœur des enjeux écologiques mondiaux médiatisés, l’Amazonie sous COVID 19 ne semble toujours pas peuplée, nos peuples n’existent pas.

Nous organisons la résistance pour prendre en main nous mêmes ce que nos états nous refusent : la vie, la dignité et la volonté de construire un monde juste.

Nous pleurons nos malades et nos morts. Nous tirons de ces semaines d’angoisse et de deuil une énergie insatiable qui toute entière se concentre vers la construction d’un front de classe. Neruda disait du conquistador, qu’en “divisant la géographie, / il a instauré des rives hostiles, des zones d’ombre aveugle et désolée ». Par la solidarité de classe et l’internationalisme, nous nous inscrivons dans l’histoire des luttes d’ici et d’ailleurs, de ceux qui aspirent à mettre de « l’unité dans la vie des hommes ».

Alexandra Cretté, SUD éducation Guyane
Samuel Tracol, FSU Guyane
Le 18 juin 2020


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