Service national universel : Ni uniforme, ni garde-à-vous, mobilisation sociale !

Union syndicale SUD-SOLIDAIRES
dimanche 23 juin 2019
par  Sud Éducation Guyane

Lundi 17 juin 2019, 2000 « volontaires » âgé-es de 16 ans ont reçu leur paquetage et enfilé l’uniforme du Service national universel (SNU). Encadré-es par des militaires, iels sont appelé-es à prouver qu’iels sont de bon-nes citoyen-nes, en chantant la Marseillaise, en assistant au lever du drapeau mais surtout en se préparant à l’éventualité d’une "crise grave".

Mais de quelle crise parle-t-on ? Certainement pas de la crise sociale.

Non content d’avoir intégré l’état d’urgence au droit commun, de réprimer dans la violence toutes les manifestations, le gouvernement poursuit son éducation à la peur.

C’est désormais au moins 1,5 milliard d’euros qui seront consacrés à la normalisation de la chose militaire auprès de toute une classe d’âge.

Comme si la progression des idées d’extrême-droite n’était pas suffisamment inquiétante, le gouvernement se lance dans l’organisation d’un dispositif, qui fera la part belle aux idées nationalistes et militaristes. « L’universalité » vantée par ceux qui ont pensé le SNU est un signe inquiétant pour tous-tes nos camarades femmes, racisé-es, LGBTI… On n’ose imaginer le climat virilo-militariste dans lequel baigneront ces jeunes appelé-es après une journée à s’exercer au « parcours du combattant » ou au « raid commando dans la jungle, avec bivouac ». Sans parler de l’inadaptation à de nombreuses formes de handicap d’un tel projet.

Malheureusement, le SNU n’est pas qu’une expérimentation isolée. Non seulement, le dispositif a vocation à s’élargir et à se poursuivre dans la durée, avec une incitation forte à s’engager dans un « service civique », contrat précaire et sans droits attachés. C’est également la suite logique du projet de société défendu par la start-up nation. Une société à laquelle chacun-e doit constamment prouver son appartenance.

Si de nouvelles obligations nationales sont aujourd’hui faites aux plus jeunes, ce sont aussi les chômeur-ses qui, pour une misère, devront prouver chaque jour un peu plus leur bonne volonté. Ce sont les professionnel-les de la jeunesse et de l’éducation populaire qui sont oublié-es et transformé-es en precepteur-trices des conduites civiques et morales à adopter. Ce sont les enseignant-es qui ne doivent plus travailler à l’émancipation de leurs élèves et qui perdent leur droit d’expression. Ce sont les journalistes qui sont poursuivi-es pour avoir fait leur travail d’enquête. Ce sont les travailleur-euses associatif-ives qui doivent abandonner un peu plus leurs missions d’utilité publique pour répondre aux injonctions des bailleurs publics et aller chercher des financements privés. Ce sont les travailleur-ses hospitalier-es qui doivent tenir à bout de bras les services de santé, au prix de leur vie. Ce sont les institutions représentatives du personnel les plus efficaces pour défendre les travailleur-euses qui sont supprimées.

Le SNU n’est finalement qu’une nouvelle illustration des multiples tentatives d’affaiblir tous les outils et espaces de mobilisation citoyenne, en éduquant à la soumission et à la peur.

On vous laisse imaginer le nom donné à un régime politique dans lequel un gouvernement impose aux jeunes la manière dont iels doivent s’engager (en passant de l’uniforme à porter, aux drapeaux à hisser et aux chansons à chanter) et en leur interdisant l’accès au permis de conduire, à l’université ou l’inscription à des concours, s’ils n’ont pas fait leur SNU.

L’Union syndicale Solidaires
• Demande que soit mis fin immédiatement à l’expérimentation du SNU ;
• Se met à la disposition de tou·te·s les jeunes et organisations qui souhaiteraient s’y opposer et travailler à une véritable éducation populaire ;
• Demande que les 1,5 milliards (minimum !) budgétés pour le SNU soient consacrés aux services publics, notamment de santé et d’éducation.

Union syndicale SUD-SOLIDAIRES,
le 19 juin 2019


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350.org, Action Aid, Aequitaz, ANV Cop 21, Alternatiba, Attac, CGT, Communauté de l’Arche non violence, Confédération paysanne, Convergences services publics, Copernic, Droit au logement, Emmaüs France, FSU, Greenpeace, Les Amis de la Terre, Notre Affaire à Tous, Oxfam, Solidaires, UNL

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