Association sportive

Chronique d’une mort annoncée ?

jeudi 10 février 2011
par  Sud Éducation Guyane

Depuis quelques années l’inquiétude grandit dans le corps des professeurs d’EPS quant à l’avenir du sport scolaire. Alors que dans d’autres pays les finales scolaires donnent lieu à des couvertures médiatiques, le sport scolaire reste confidentiel en France .
Profitant de ce quasi anonymat notre bon ministère, dans sa quête permanente du sacro-saint rabotage budgétaire brandit son marteau, pour faire la chasse aux éventuels tire-au-flanc et la faucille pour les budgets de l’UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) et des AS (Associations Sportives des établissements scolaires).
Petit rappel sur le marteau : Un prof d’EPS travaillant à plein temps fait 17h de cours et 3 h d’AS. Or de plus en plus, les rectorats demandent aux chefs d’établissement, qui ont des difficultés pour répartir les heures d’EPS, de transformer les 3 heures d’AS en 3 heures de cours !! Plus besoin de créer des postes !!!
Question faucille, le gouvernement n’est pas mal non plus puisque les budgets de l’UNSS baissent d’année en année.
Pourquoi tant de haine ? Ca ne marche pas l’UNSS ? Au contraire, il n’y a jamais eu autant de licenciés (on a dépassé le million d’élèves licenciés) alors que le nombre d’animateurs baisse. (De plus en plus de non-titulaires sont embauchés en EPS et certains ne font pas d’AS)
Au niveau des établissements la faucille est fatale à l’association sportive puisque, comme c’est le cas en Guyane, la plupart des AS n’ont plus de ligne budgétaire. Les budgets rabotés des établissements scolaires ne le permettent pas (mieux vaut acheter des caméras de surveillance !!).
Résumons : un professeur d’EPS doit 3 h d’AS dans son service et l’association n’a pas de budget propre pour vivre. Or parallèlement les dépenses augmentent :
- affiliation UNSS ;
- achat de matériel ;
- compétitions régionales UNSS (jeux UNSS, jeux Antilles Guyane) ;
- paiement des licences UNSS.

Suite à la suppression d’une subvention de 250 000 euros l’Etat a provoqué une augmentation de la licence individuelle UNSS de 15% l’année dernière (elle passe à 18 euros). Cette mesure pénalise principalement les établissements sensibles où il est difficile de faire payer 18 euros aux élèves pauvres. A Paul Kapel, par exemple, on fait payer 8 euros. Donc notre AS doit payer 10 euros par licence… Et si t’as 100 licenciés et bien tu dois trouver 1000 euros pour payer l’UNSS ! Et mieux tu l’animes plus tu dois de thunes !! 
Alors comment font les professeurs d’EPS pour faire vivre l’AS ?

  1. Première solution : Ils prennent sur d’autres budgets type foyer éducatif mais les subventions allouées à ces associations diminuent aussi (subventions des politiques de la ville).
  2. Deuxième solution : ouvrir des accompagnements éducatifs subventionnés par la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports et reverser une partie de son salaire à l’association sportive sous forme de don !!!
  3. Dernière solution : taxer d’éventuels donateurs, organiser des lotos, vendre des tee-shirts, faire des calendriers …bref se débrouiller.

Le scandale est que l’Etat se désengage progressivement de l’UNSS en baissant ses subventions. Il préfère développer des dispositifs tels les accompagnements éducatifs moins bien rémunérés et où il peut employer des éducateurs sportifs par exemple .
Non seulement on met les UNSS régionales en difficulté d’un point de vue budgétaire mais en plus on les met en concurrence avec d’autres dispositifs. Rappelons que les accompagnements éducatifs sont gratuits et que le certificat médical n’y est pas obligatoire !! Les élèves ont alors tendance à venir aux créneaux de l’accompagnement éducatif sans prendre leur licence UNSS pour autant !!!
A cette situation difficile s’ajoute la concurrence des clubs qui organisent leurs entraînements le mercredi après-midi .
Alors que nous réservera l’avenir ?
La mise en place d’une politique permettant au sport scolaire de refaire sa place en collaboration avec les clubs ?
Ou alors la politique du rabotage ? La perspective de « récupérer » 3 heures par professeur d’EPS pourrait tenter le gouvernement à supprimer le forfait AS. Il précipiterait la fin de notre bonne vieille UNSS.
Développement de l’enfant et de l’adolescent, lieu de rapports sociaux, initiation à la vie associative, pratique multi-sportive et initiation à l’arbitrage : les perspectives éducatives de l’AS ne manquent pas, à nous, animateurs, de défendre cette autre vision du sport .


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

80% d’une classe d’âge au bac ! C’était une révolution. L’égalité des chances... etc. Oui, on y arrive.
On trafique les notes, on fait passer les élèves au bénéfice de l’âge, on les maintient dans le système sans leur donner les moyens de réussir.... j’en passe ! On arrive maintenant à avoir des élèves qui vont au bac en sachant tout juste lire. Oui, tout le monde peut avoir son bac, un bac bradé pour faire du chiffre !
De quel intérêt parle-t-on alors ? Celui de l’élève ou celui de la sacro-sainte statistique d’une société dans laquelle seul le rendement compte ?

Enquête par questionnaire

jeudi 13 décembre 2012

Dès janvier SUD Éducation Guyane lancera une enquête par questionnaire sur les conditions matérielles de travail dans les écoles de Guyane.

L’objectif est pour nous de recueillir des données chiffrées histoire de dresser une liste assez exhaustive de problèmes rencontrés au niveau de nos extraordinaires conditions de travail...

Pour mener à bien cette enquête nous avons reçu un coup de main des camarades du département de sociologie de l’université Brest.

Double vacation

jeudi 13 décembre 2012

Le recteur est revenu sur sa position : il n’y aura pas d’expérimentation de la double vacation en Guyane. Reste que des enfants sont toujours non scolarisés et les constructions scolaires manquent cruellement.

La fédération SUD Éducation va intervenir auprès du ministère pour réaffirmer la nécessité d’un plan d’urgence pour l’éducation en Guyane.

Inspection : et si on arrêtait les bidouillages ?

jeudi 13 décembre 2012

SUD Éducation vient d’écrire au recteur pour lui demander de rappeler à ses Inspecteurs qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi en matière d’inspection.

Les inspections surprises ne sont pas réglementaires. Les rapports d’inspection doivent être adressés aux intéressés dans un délai d’un mois et la note pédagogique doit être communiquée dans le trimestre qui suit l’inspection.