Conseil académique de l’Éducation Nationale

Pour un véritable Plan Éducation Guyane

jeudi 3 décembre 2009
par  Sud Éducation Guyane

Le jeudi 26 novembre, aurait dû se tenir la réunion du CAEN (Conseil académique de l’Éducation Nationale) qui vote le projet académique pour les 3 années à venir (2010-2013). Faute de participants, les représentants syndicaux et le Rectorat ont dû reporter la nouvelle réunion au 3 décembre. Aujourd’hui, elle s’est tenue avec19 participants sur 66 membres qui devaient être présents. A quoi sert cette commission ? A poser en face des axes choisis par le Recteur des moyens à mettre en oeuvre pour la réussite éducative. Le projet académique, appelé Plan Education Guyane, a été rejeté par la majorité des votants. Notre syndicat s’en félicite car des critiques fondamentales ont émergé :

Aucun détail sur les moyens techniques, humains et financiers n’était apporté. Des axes étaient quasiment mensongers : par exemple, dire qu’on veut développer les langues maternelles en Guyane, alors qu’on licencie des Intervenants en Langue Maternelle. Ou dire qu’on va recruter des personnels vie scolaire avec un niveau suffisant alors qu’on ne crée que des contrats aidés à 800€ par mois pour 26 h. Ou encore dire qu’on veut renforcer les effectifs du rectorat alors qu’on licencie 20 personnes en septembre. Ou enfin, dire qu’on veut augmenter le taux de scolarisation des 3 ans alors qu’on ne dit ni comment ni dans quels locaux. Par ailleurs des propositions étaient tout à fait choquantes pour nous : sur les sites isolés - entendez le Maroni ou l’Oyapock- les 5 premières minutes de la journée devaient être consacrées à de l’éducation civique. Pourquoi seulement pour ces élèves ?

Sur le plan idéologique, c’est toute une conception de l’éducation qui n’était pas la nôtre : "la culture de l’évaluation" proposée par ce Plan (à force d’évaluer tout, on n’a plus le temps d’apprendre...) ; la concurrence entre les établissements (qui favorise les élèves déjà favorisés) introduisent une logique de l’entreprise qui ne peut s’appliquer pour des enfants qui se construisent et accentuent les inégalités.

Encore, des phrases entières et des mots étaient creux comme une pochette surprise décevante : "des projets innovants", des "cercles de réflexion", des "cellules de veille", des "ingénieurs pour l’école", etc. Mais le plus grave, c’est aussi tout ce qui n’apparaissait même pas dans ce projet : une seule mention sur les internats qui n’ouvrent pas ; sur les cantines qui n’existent pas ; rien sur les moyens supplémentaires pour tous les établissements oubliés ; rien sur la taille gigantesque de nos collèges (certains à 1200 élèves) ; et rien sur les problèmes de papiers des élèves étrangers, sur le prix du cartable, sur les filières d’excellence (classes préparatoires), etc.

Nous tairons, pour faire court, le mépris envers les enseignants : pas de titularisation en vue pour les contractuels (seulement une "perspective" d’aide à préparer les concours) ; pas d’évolution de carrière proposée ; pas de visite médicale obligatoire, des heures supplémentaires même pour les stagiaires, etc.

Nos élèves seront artisans, médecins, ingénieurs, techniciens, commerçants, artistes si on met véritablement les moyens techniques, financiers et humains en face de chaque problème. C’est un autre Projet académique qu’il nous faut pour la Guyane.


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