La gauche au pouvoir :

La méthode change, pas le remède

Edito
mercredi 3 octobre 2012
par  Sud Éducation Guyane

C’est certain ni le nouveau président ni notre nouveau ministre ne dénigrerons le boulot accompli tous les jours par les travailleurs de l’Éducation Nationale que nous sommes. Maintenant nous allons être « appréciés ». Nous allons nous sentir aimés par les hautes sphères gouvernementales. A SUD Éducation nous avons franchement le sentiment que ce sera là le seul changement. Mais si dorénavant on nous passera la pommade nous craignons franchement que ce ne soit pour mieux nous faire avaler la pilule néo-libérale.

La faute à Sarkozy… mais pas seulement

Depuis son arrivé rue de Grenelle Vincent Peillon n’arrête pas de chanter partout que cette rentrée n’est pas la sienne mais celle voulue par Sarkozy et Chatel. Mais on peut se demander si finalement elle ne fait pas l’affaire du nouveau gouvernement. Car malgré les discours enflammés, ils ont choisi de la laisser quasiment telle quelle, en ne proposant que des aménagements à la marge, là où un véritable plan d’urgence était nécessaire…. et assez facilement possible, avec un peu de volonté politique :
- Personne ne nous fera croire qu’il n’était pas possible de recréer immédiatement des milliers de postes, en commençant par titulariser les précaires.
- Après que le Conseil d’État a annulé au 31 juillet 2012 le cahier des charges de la formation des professeurs et des CPE, il était tout à fait possible d’améliorer vraiment les conditions d’entrée dans le métier des stagiaires. Mais Peillon a décidé cet été de publier le cahier des charges préparé par Wauquiez et Chatel, alors que ce projet avait été unanimement condamné par le CNESER (le 19 mars) et par le Conseil supérieur de l’Éducation (le 12 avril).

Ça ira mieux demain… mais aujourd’hui ?

Peillon a justifié l’insuffisance des mesures d’urgence par le lancement d’une grande consultation « pour la refondation de l’école ». Mais parallèlement le président de la République veut faire ratifier au plus vite le « Pacte budgétaire » signé pas Sarkozy le 25 mars dernier. Pacte qui va faire de la Commission et de la Cour européenne de justice les juges, non démocratiquement élus, des budgets nationaux.
Nous savons bien qu’une fois ce traité ratifié il n’y aura plus aucune possibilité de rupture avec le démantèlement libéral du service public d’éducation. On ne voit pas comment l’État pourra s’engager sur un plan d’urgence pour l’éducation en Guyane si le seul souci de nos gouvernants devient la réduction des déficits.

En Guyane, cette rentrée s’avère aussi (voire plus) difficile que les autres. Le manque de moyens, de matériel pédagogique criant sur tout le territoire, toujours plus d’enfants et pas assez de structures pour les accueillir, des conditions d’hygiène et de sécurité mettant en danger élèves et personnels, ...

Réfléchir à la refonte de l’Ecole d’accord mais agir pour l’école en Guyane c’est mieux. Les gouvernements changent mais pas nos revendications ! SUD éducation continuera de se battre pour une école démocratique, critique et émancipatrice pour toutes et tous.

Pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, le véritable changement dépend avant tout de nos mobilisations.


Commentaires

Agenda

<<

2018

 

<<

Octobre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
293031    
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

80% d’une classe d’âge au bac ! C’était une révolution. L’égalité des chances... etc. Oui, on y arrive.
On trafique les notes, on fait passer les élèves au bénéfice de l’âge, on les maintient dans le système sans leur donner les moyens de réussir.... j’en passe ! On arrive maintenant à avoir des élèves qui vont au bac en sachant tout juste lire. Oui, tout le monde peut avoir son bac, un bac bradé pour faire du chiffre !
De quel intérêt parle-t-on alors ? Celui de l’élève ou celui de la sacro-sainte statistique d’une société dans laquelle seul le rendement compte ?

Enquête par questionnaire

jeudi 13 décembre 2012

Dès janvier SUD Éducation Guyane lancera une enquête par questionnaire sur les conditions matérielles de travail dans les écoles de Guyane.

L’objectif est pour nous de recueillir des données chiffrées histoire de dresser une liste assez exhaustive de problèmes rencontrés au niveau de nos extraordinaires conditions de travail...

Pour mener à bien cette enquête nous avons reçu un coup de main des camarades du département de sociologie de l’université Brest.

Double vacation

jeudi 13 décembre 2012

Le recteur est revenu sur sa position : il n’y aura pas d’expérimentation de la double vacation en Guyane. Reste que des enfants sont toujours non scolarisés et les constructions scolaires manquent cruellement.

La fédération SUD Éducation va intervenir auprès du ministère pour réaffirmer la nécessité d’un plan d’urgence pour l’éducation en Guyane.

Inspection : et si on arrêtait les bidouillages ?

jeudi 13 décembre 2012

SUD Éducation vient d’écrire au recteur pour lui demander de rappeler à ses Inspecteurs qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi en matière d’inspection.

Les inspections surprises ne sont pas réglementaires. Les rapports d’inspection doivent être adressés aux intéressés dans un délai d’un mois et la note pédagogique doit être communiquée dans le trimestre qui suit l’inspection.