RESF

Sarko casse-toi, nous on reste là !

lundi 4 septembre 2006
par  Sud Éducation Guyane

L’alerte a été donnée lundi 18 septembre au cours de la journée que trois jeunes majeurs sans-papiers scolarisés aux lycées Melkior-Garré, Michotte et Balata avaient été arrêtés et placés au centre de rétention de Rochambeau. Rapidement, une mobilisation s’est organisée autour des élèves et enseignants de Melkior et un rassemblement devant le centre de rétention aboutit à la libération d’une lycéenne à 18h00.

Le lendemain matin, suite à l’AG organisée à Melkior, lycéens et enseignants se rendent à Michotte pour y rencontrer l’administration et les élèves qui n’avaient appris la nouvelle de l’arrestation de l’un des leur que le matin même. Plus tard dans la matinée, une délégation sera reçue par les services du recteur et par le secrétaire général de la préfecture. Le rectorat se montrera très flottant sur la question, l’identité des jeunes n’étant même pas connus d’eux. Quant au secrétaire général de la préfecture, il affirmait de son côté que les cas des trois élèves seraient réexaminés tout en regrettant que les mesures de reconduite à la frontière n’aient pas eu lieu pendant les vacances scolaires (sic) !

Le mercredi 20 septembre au matin, une manifestation regroupant environ 400 lycéens et professeurs s’élança du lycée Michotte en direction de la préfecture au cris de « J’y suis, j’y reste ! Je ne partirai pas ! » ou encore « Sarko, casse-toi, nous on reste là ». Arrivés à destination, une nouvelle délégation fut reçue, toujours par Tissot, le secrétaire général de la préfecture. Celui-ci s’engagea verbalement à ce qu’un moratoire sur les reconduites à la frontière de jeunes sans papiers soit mis en place pour la durée de l’année scolaire, tout en insistant pour que les élèves concernés se signalent à ses services (un bon moyen de pouvoir les expulser une fois les vacances arrivées). De son côté, la délégation avait insisté pour que les expulsions ne puissent pas se faire lorsqu’un cycle scolaire a été entamé.

Rendez-vous a été pris pour le 2 octobre prochain pour la présentation d’un engagement écrit sur ces points. Rien n’est donc encore gagné.

Le nouveau préfet a tenté un coup de force en raflant trois jeunes, le même jour, dans trois lycées professionnels de Cayenne et de Matoury. Sans doute pensait-il pouvoir agir sans que cela fasse de vagues. La suite lui prouva que non !
La mobilisation autour du cas de ces trois lycéens a permis l’amorce d’une convergence autour de la situation des élèves sans-papiers et de leurs familles, qui devrait, par le biais notamment de la constitution d’un collectif du Réseau Éducation Sans Frontière en Guyane, poursuivre dans cette dynamique.

Ce n’est qu’un début,
continuons le combat !

Pas de chaise vide
dans nos écoles.
Pour se préparer à réagir au cas où, voici une proposition de premières mesures à prendre pour faire face à un éventuel passage de la police prétendant récupérer des enfants "expulsables."
- regrouper les élèves dans la cour pour dégager le personnel et se retrouver à plusieurs adultes face aux forces de l’ordre.
- évidemment, le ou les élèves recherchés sont absents ce jour-là...
- dans tous les cas, et vu que vous êtes unE fonctionnaire attachéE au respect des règles, exiger une autorisation écrite des représentants légaux de l’enfant.
- joindre la mairie, les syndicats, les journaux et maintenant RESF Guyane...


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

80% d’une classe d’âge au bac ! C’était une révolution. L’égalité des chances... etc. Oui, on y arrive.
On trafique les notes, on fait passer les élèves au bénéfice de l’âge, on les maintient dans le système sans leur donner les moyens de réussir.... j’en passe ! On arrive maintenant à avoir des élèves qui vont au bac en sachant tout juste lire. Oui, tout le monde peut avoir son bac, un bac bradé pour faire du chiffre !
De quel intérêt parle-t-on alors ? Celui de l’élève ou celui de la sacro-sainte statistique d’une société dans laquelle seul le rendement compte ?

Enquête par questionnaire

jeudi 13 décembre 2012

Dès janvier SUD Éducation Guyane lancera une enquête par questionnaire sur les conditions matérielles de travail dans les écoles de Guyane.

L’objectif est pour nous de recueillir des données chiffrées histoire de dresser une liste assez exhaustive de problèmes rencontrés au niveau de nos extraordinaires conditions de travail...

Pour mener à bien cette enquête nous avons reçu un coup de main des camarades du département de sociologie de l’université Brest.

Double vacation

jeudi 13 décembre 2012

Le recteur est revenu sur sa position : il n’y aura pas d’expérimentation de la double vacation en Guyane. Reste que des enfants sont toujours non scolarisés et les constructions scolaires manquent cruellement.

La fédération SUD Éducation va intervenir auprès du ministère pour réaffirmer la nécessité d’un plan d’urgence pour l’éducation en Guyane.

Inspection : et si on arrêtait les bidouillages ?

jeudi 13 décembre 2012

SUD Éducation vient d’écrire au recteur pour lui demander de rappeler à ses Inspecteurs qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi en matière d’inspection.

Les inspections surprises ne sont pas réglementaires. Les rapports d’inspection doivent être adressés aux intéressés dans un délai d’un mois et la note pédagogique doit être communiquée dans le trimestre qui suit l’inspection.