7 bonnes raisons de combattre le CPE

mercredi 23 mai 2007
par  Sud Éducation Guyane

1 Difficultés à se loger
Locapass ? Il paraît qu’on va "faciliter l’accès à trouver un logement" mais
la crainte avec un CPE n’est pas seulement de ne pas trouver un logement ;
elle est de ne pas pouvoir payer son loyer du jour au lendemain. Tout
jeune est à la merci d’être mis à la porte sans motif, et n’a pas seulement
peur de ne pas avoir un logement, il a peur de ne pas pouvoir le payer. Si
le gouvernement fait mine de garantir un "locapass", c’est qu’il sent la
faiblesse de son CPE !

2 Difficultés pour obtenir des prêts
On nous dit que le gouvernement va intervenir auprès des banques pour
qu’elles ne refusent pas un prêt à un jeune en CPE. Qui croit cela ? Les
banques, elles font et feront ce qu’elles veulent ! Un banquier n’est pas un
philanthrope. En général un banquier vous fait un prêt si vous arrivez à lui
démontrer que vous n’en avez pas besoin. Le banquier, c’est quelqu’un qui
vous prête un parapluie quand il fait beau mais qui vous le reprend dès
qu’il pleut ! Tout jeune à la merci du licenciement du jour au lendemain,
n’a pas seulement peur du refus d’un prêt par un banquier, il a surtout peur
de ne pas pouvoir le rembourser !

3 La peur de chaque jour qui vient
Au moins, un "CDD de six mois" à termes précis, c’est garanti six mois.
Mais un "CPE de deux ans" c’est pas garanti du tout : chaque jour on se
couche sans savoir si on travaille encore le lendemain. Lorsqu’il ne
comporte pas de terme précis, le CDD est conclu obligatoirement pour une
durée minimale. Pas le CPE...

4 Même les entreprises multinationales
du Cac 40 vont pouvoir "faire du CPE".
Le CPE, à la différence du CNE n’est pas réservé aux entreprises de moins
de 20 salariés, mais ouvert à toutes : ainsi Axa, AGF, Gan, Vivendi,
Thales, le Crédit Lyonnais, etc... les 100 premiers entreprises du Cac 40,
(qui ont gagné 57 milliards € en 2004, et davantage en 2005) pourront
prendre des CPE : mais en quoi ces entreprises qui font des bénéfices
extraordinaires ont-elles besoin de cela pour embaucher ?

5 Un enchaînement sans fin de contrats précaires
Si le jeune est soumis a plusieurs CDD consécutifs, il sont "requalifiables"
en un CDI. Mais avec le CPE, en cas de rupture du contrat durant les deux
premières années, un nouveau CNE entre l’employeur et salarié pourra être
conclu après trois mois. Le syndicat peut ester en justice à la place du
salarié pour faire qualifier des CDD successifs en CDI (L 122-3-16) : dans
le CPE, pas de recours ! Les CPE peuvent se succéder sans motif, sans
recours, sans contrôle : un jeune pourra en faire trois de suite, et être viré
chaque fois au bout de deux ans, puis passé 26 ans, il pourra encore faire
un contrat CNE de deux ans. Cela fait des années de précarité alors que les
CDD sont limités à 18 mois maxi.

6 Un CPE pourra remplacer un salarié licencié
Un CDD ne peut être conclu pour accroissement temporaire d’activité là
où l’entreprise a procédé à un licenciement économique… L’entreprise
aura tout loisir de conclure CPE !

7 Un contrat fait pour licencier facilement
Pour signer un CDD, il faut un motif exceptionnel :
soit "surcroît exceptionnel de travail"
soit "remplacement d’un salarié absent" Pour signer un CPE, c’est
le seul choix de l’employeur : qu’est-ce qui le guidera sinon la
possibilité de pouvoir le mettre dehors sans motif Mais le pire, c’est
que la rupture d’un CDD doit être motivée, pas celle du CPE !
L’absence de motif, c’est la soumission totale à l’arbitraire, c’est une
forme de barbarie juridique, c’est l’absence de recours, c’est le déni de
droit, un recul d’un siècle de droit !

Pour en savoir plus :
http://www.solidaires.org
http://www.sud-etudiant.org
http://www.democratie-socialisme.org/article.php3?id_article=751

Pourquoi attaquent-ils le CDI et pourquoi faut-il le défendre ?

Pourquoi le CDI
est-il si important ?

Parce que 9 actifs sur 10 sont des salariés !

Au début du 20e siècle, il y avait trois millions de salariés en France. En 1945, il y avait seulement un actif sur 2 qui était salarié. Aujourd’hui 89 % de la population active est salariée. Le salariat n’a jamais été aussi puissant, numériquement et économiquement. Rien d’important, et de durable, ne se crée sans le salariat. Ainsi le Code du travail, construit en plus de 120 ans, est-il devenu un statut commun à 16 millions de salariés du privé.

Huit millions d’employés et six millions d’ouvriers sont mêlés, cols blancs et cols bleus, il n’y a plus de différence. L’écart des salaires s’est resserré : la moyenne du salaire des cadres n’est plus de 2,3 fois celui de la moyenne des salaires des employés et des ouvriers. Même le "bas" des cadres a été rapproché du coeur du salariat, près de 40 % sont en dessous du plafond de la sécurité sociale !

Le CDI, tel quel, est très insuffisamment protecteur, (et on devrait l’améliorer plutôt que l’affaiblir) mais il est quand même le contrat de tous ceux, "haut" et "bas" du salariat, qui n’ont que "leur force de travail à vendre". Il est donc plus fondamental que jamais : pour baisser le coût du travail, objectif permanent du capital, il faut s’attaquer à ce statut de masse. En l’an 2000, l’année la plus faste des annales statistiques de l’histoire de France, ont été créés 643 000 emplois supplémentaires (+ 4,3 % d’emplois en plus), les CDD, l’intérim, le temps partiel ont reculé et la durée moyenne d’un CDI s’est allongée, passant de 10 ans et 5 mois, à 11 ans et 4 mois… Du coup, d’ailleurs, le chômage reculant, les luttes se sont développées et ont posé en priorité les exigences salariales 45 % des conflits pour les salaires contre seulement 25 % pour la défense de l’emploi : ça, c’est la hantise des patrons, que le chantage au chômage recule et que l’exigence d’une hausse des salaires l’emporte !

Ils l’expliquent eux-mêmes, de façon constante, ils veulent maintenir le chômage à un niveau suffisamment élevé pour faire pression sur les salaires. Et pour exercer cette pression il leur faut faire reculer les droits du CDI (et du statut de la fonction publique aussi…).

C’est que voulait le Medef, c’est ce que
fait Villepin en surenchère avec Sarkozy.

Des contrats indi-viduels de gré à gré pour remplacer
les contrats collectifs

Car le CDI a cette particularité de relever du Code du travail et des conventions collectives : or dans les dix dernières années, l’idéologie du patronat a évolué, non seulement il est opposé à ce que les lois continuent d’instaurer un état de droit dans l’entreprise, mais il est dorénavant opposé à ce que les conventions collectives le fassent.

Il a opté pour la priorité au "contrat individualisé", de gré à gré entre l’employeur et le salarié de façon à casser toute résistance juridique, toute organisation collective des salariés.

D’où la loi scélérate de François Fillon du 4 mai 2004 qui inverse la hiérarchie des sources du droit du travail, et permet à des accords d’entreprise de déroger à des accords de branche, à des accords interprofessionnels, et même à des lois lorsqu’elles le permettent. Ainsi "l’ordre public social" se fissure, se morcelle, s’atomise. Cela est accompagné, orchestré, développé par les ultra-libéraux au niveau européen avec les directives de type Bolkestein. On remplace cela par du baratin abstrait sur "la sécurité sociale professionnelle" (présentée comme une mobilité sur toute la vie… une flexibilité avec contrepartie, sic). Une situation est créée qui vise à faire du salarié un "pion mobile" incapable de se lier à une entreprise, de s’y syndiquer, d’y défendre ses droits élémentaires donc de mieux y vendre sa force du travail. L’attaque de Villepin contre le CDI s’opère par les deux bouts : le début du CDI, et la fin du CDI. Les emplois "jeunes" diminués en droit. Les emplois "vieux" obligés et précarisés.

Lorsque Villepin crée le CPE, il crée en même temps des CDD "vieux" et supprime la contribution Delalande : selon l’absurde principe : "pour embaucher, il faut donner le droit de virer facilement". Il s’agit de faciliter l’embauche des "seniors" en permettant de les licencier eux aussi au moindre coût Le but est de maintenir des vieux sur le marché du travail pour fragiliser les conditions de l’arrivée des jeunes sur ledit marché.

Villepin et Parisot,
précarité et barbarie

D’où la réécriture parallèle, en cours depuis l’été 2005, du Code du travail et l’attaque contre l’inspection du travail prévu en fin février-mars 2006. Les 3151 articles du Code du travail et les 9 livres qui le composent sont ré écrits en 38 chapitres, à droits dégradés, sous pression du Medef : le "nouveau code du travail" fera litière du CDI "classique", de la "subordination" et de ses contre-parties, pour instaurer un droit de relations individuelles a la place d’un droit des relations collectives du travail. Il devait être soumis par ordonnances en mai 2006, il est question du report de la manoeuvre en octobre, mais le but est claironné : "La liberté s’arrête là où commence le Code du travail" avait dit Mme Parisot en février 2005. C’est le CDI, le droit du travail issu de 1945 qui sont visés. "La vie, la santé, l’amour sont précaires… pourquoi le droit du travail ne le serait-il pas ?" ajoutait Mme Parisot, en septembre 2005, se faisant ainsi le porte parole des retours en arrière sans limite, contre la civilisation, vers la barbarie. Alors que depuis l’aube des temps, les humains luttent contre la précarité de leur vie, contre le froid, la famine, la souffrance, la guerre de tous contre tous, Mme Parisot et Villepin essaient de faire machine arrière et de valoriser la précarité comme étant le nouvel horizon dans toute les vies humaines.

Il ne reste plus pour ce gouvernement ultra-libéral qu’à instaurer l’apprentissage à 14 ans, le travail de nuit et du dimanche à 15 ans et à supprimer les "points repères" de l’ordre public social comme les 35 h
légales et les 48 h maxima.


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

dimanche 14 septembre 2014

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jeudi 13 décembre 2012

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