Gratuité

École obligatoire, oui, école laïque, mmm..., école gratuite, mon c...

vendredi 14 octobre 2016
par  Sud Éducation Guyane

Le rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire » a rappelé combien la réduction des charges financières qui pèsent sur les familles à chaque rentrée scolaire doit constituer une priorité absolue. Ainsi débute la circulaire sur la liste des fournitures scolaires individuelles. On apprend à la lecture de cette circulaire que cet effort repose sur les enseignants, les directeurs, les principaux et une collaboration entre corps enseignant et association de parents d’élèves. Madame la ministre, qui signe ce texte, ne semble pas considérer que les pouvoirs publics puissent participer à cette priorité absolue [1]
Peut-être est-ce parce que l’état distingue les fournitures scolaires individuelles des fournitures scolaires collectives.
Sur le site eduscol, à la page « principe de gratuité » [2], est distingué le matériel collectif, dont « Aucune participation financière ne peut être demandée aux parents », et les fournitures scolaires individuelles : « Dans la mesure où il s’agit de matériels utilisés par un seul et même élève et qui restent à terme sa propriété, les fournitures scolaires individuelles, qui comprennent en théorie les manuels scolaires, ne relèvent pas du principe de gratuité scolaire et restent à la charge des familles ».
Bien, mais en regardant les listes de fournitures scolaires, on ne voit pas bien ce qui reste de l’ordre du matériel collectif quand on demande aux familles d’acheter des ramettes de 500 feuilles blanches, des fichiers de mathématiques, de français, 8 à 10 cahiers de tous formats, des ardoises, des porte-vues… Doivent ne rester que les tables et chaises qu’on ne demande -pas encore- à être achetées par les familles. On peut même trouver sur certaines listes les 5 euros de coopérative OCCE [3].…
Une liste modèle de fournitures scolaires est proposée en annexe de la circulaire n° 2016-054 du 13-4-2016. Cette liste déjà conséquente est très loin d’être suivie au regard des listes que l’on a pu consulter. En discutant avec les profs, les raisons de ces listes au combien fournies tiennent souvent à des dotations des collectivités publiques en baisse, voire à des choix politiques d’élus qui se résument à la formule « il faut que les parents s’investissent un minimum, quand on fait des enfants, il faut s’en occuper ! ». Formule qui résonne parfois aussi dans la bouche des collègues. À quoi l’on répondrait volontiers, « oui mais les parents par leurs impôts -qui ne sont pas que sur leurs revenus- contribuent déjà au financement des services publics. Il faudrait donc payer deux fois ? ». Réponse immédiate : « Oui mais y a la caf et l’allocation rentrée ! »

Certes mais il faut que les parents soient en situation régulière pour la toucher. Or combien de familles en Guyane sont en situation irrégulière alors même que leurs enfants sont scolarisés en France ? Et cette allocation n’a pas pour seul objectif d’aider à acheter les fournitures scolaires, elle doit servir aussi à l’achat de vêtements, aux frais d’assurance de transports scolaire, de demi-pension…
À l’inégalité sociale, ajoutons donc une inégalité nationale ! Les inégalités territoriales s’incarnent dans la diversité des choix politiques et des capacités de financement des communes pour les écoles primaires. Et s’y ajoutent aussi, pour des parents des communes isolées, les surcoûts liés à l’approvisionnement : que ce soit pour aller sur le littoral pour acheter les fournitures ou bien pour les faire venir.
Enfin, combien d’entre nous ne se sont pas retrouvés au bout de quinze jours à changer les stylos « ju xing » du chinois du coin faute de qualité.
Dans la circulaire n° 2016-054 du 13-4-2016, il est rappelé qu’il faut rester vigilant sur la qualité des produits (recyclables et tri-ables) et leurs modes de fabrication (respect des législations concernant le travail des enfants). Bien entendu, en laissant chaque famille faire ses courses de rentrée, on peut être sûr que ce n’est pas la course aux prix qui trônera mais bien la recherche de produits écolos, dont chacun s’assurera qu’ils n’aient pas étés fabriqués par des gamins qui feraient l’école buissonnière…
C’est vrai que l’État pourrait allouer les écoles, collèges et lycées de budgets spécifiques à l’achat du matériel scolaire, que ces budgets pourraient être confiés à la responsabilité des conseils d’écoles et des CA d’établissement afin qu’élus, parents et enseignants puissent se concerter sur les besoins des classes. Que ces achats pourraient se faire groupés, pourraient intégrer un cahier des charges sur la qualité des produits achetés… Mais est-ce dans la dynamique de nos gouvernants actuels ?
Alors comme Najat, déclarons bien fort que la réduction des charges blabla, bref que l’école gratuite donc, est une priorité absolue et laissons faire... Abracadabra tout s’arrangera !

Gratuité… MON CUL !


[1circulaire n° 2016-054 du 13-4-2016

[3l’Office Central de la Coopération à l’École est un mouvement pédagogique qui développe au sein des établissements scolaires les valeurs de la coopération et de la pédagogie coopérative


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Brèves

Coup de gueule… bis

dimanche 14 septembre 2014

Au collège, on accueille de plus en plus d’élèves hétérogènes : non lecteurs, lecteurs débutants, déchiffreurs, en difficultés personnelles, sociales, primo arrivants, etc. Le collège doit donc devenir un lieu où tous ces élèves ont leur place mais aussi le lieu de toutes les expérimentations. Génial !
On va pouvoir enfin inventer, créer, innover. Oui, mais... Quels outils, quel matériel, quelle formation pour le professeur qui veut s’investir dans les projets ? Il va falloir tâtonner, trier la masse d’informations sur internet, faire des proformas, écouter le discours des uns, des autres, trouver une salle, demander une armoire, des livres, un ordinateur ? J’en passe ! Monter des projets, c’est bien joli, mais quel parcours du combattant ! Tout ceci est-il bien logique à l’heure où on supprime les enseignants spécialisés ? Est-ce au professeur lambda de remplacer ces spécialistes ? Comme d’habitude, on marche sur la tête !

Coup de gueule

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